110 élèves : quatre classes de Troisième accompagnés par le principal et une professeure de français
Dans le cadre du partenariat entre l’Académie des César et le dispositif Un artiste à l’école, Juliette Marquet est revenue dans son ancien établissement, le Collège Charles Le Goffic à Lannion, afin de partager son parcours avec les élèves et d’évoquer la fabrication du court métrage Beurk!, récompensé par le César du Meilleur Film de Court Métrage d’Animation. Bien accueillie par l’équipe de direction, la productrice a retrouvé ses marques en croisant d’anciens professeurs, malgré les changements et la rénovation de l’établissement depuis son passage.
Lors de deux rencontres avec des classes de troisième, elle a expliqué en quoi consistait la production, une profession souvent méconnue des collégiens. Présent dès la première étape d’un projet, soit l’idée naissante d’un film, le producteur croit au potentiel de l’histoire et œuvre à le rendre possible. Il recherche les financements nécessaires, notamment auprès des collectivités territoriales ou du CNC, puis accompagne le projet tout au long de sa réalisation. De son développement jusqu’à sa diffusion en salles et dans les festivals, il veille au bon déroulement de chaque étape, en étroite collaboration avec les équipes artistiques et techniques, répondant au besoin de chacun.
« Le producteur, c’est le bras droit du réalisateur pour lui permettre de mener à bien son film. Il accompagne le film de bout en bout, jusqu’à ce que le film soit terminé et diffusé. »
Questionnée par les élèves sur son parcours et son choix de carrière, Juliette Marquet a évoqué ses études orientées vers la littérature et le cinéma, ayant notamment suivi une classe préparatoire. Elle s’est naturellement dirigée vers la production car cela reliait l’artistique et le concret. Si elle aime toujours autant ce secteur, c’est aujourd’hui dans l’écriture et la scénarisation qu’elle souhaite se perfectionner, démarrant de nouveaux projets.
« La production est au carrefour entre les gens de la création et ceux qui ont les pieds sur terre et gèrent l’argent. Et il y a un côté plus philosophique : qu’est-ce qu’on donne à voir au monde ? Quels films a-t-on envie de voir exister ? »
Les élèves l’ont ensuite interrogée sur Beurk !, qu’ils avaient découvert avant la rencontre : d’où est venue l’idée du film ? Comment se fabrique un court métrage d’animation ? Pourquoi ce choix de couleur et d’esthétique ? Comment se passe le casting pour les voix des personnages ?
La productrice a raconté la genèse du projet : le réalisateur, Loïc Espuche, avait travaillé sur un projet d’animation où deux personnages s’embrassaient à l’écran. Il avait alors été amusé de voir les jeunes spectateurs surréagir devant cette séquence, entre curiosité et dégoût, et a eu envie de faire un film sur ce sujet.
Juliette Marquet a ensuite présenté les grandes étapes de fabrication d’un film d’animation, prenant en exemple Beurk !. Tout d’abord, l’équipe s’est concentrée sur la direction artistique : recherche esthétique, tests de techniques de dessin, création de planches personnages et du color script… Le but est de s’assurer d’une cohérence graphique tout au long du film. Un storyboard a ensuite été dessiné, afin d’établir chaque plan, et une animatique a été créée, donnant une idée globale des mouvements. Les animateurs se sont réparti le travail, certains se concentrant sur les décors, d’autres sur les personnages. Pour le casting des voix, le réalisateur et les productrices ont fait le choix de confier les rôles à de véritables enfants, plutôt qu’à des adultes imitant des voix enfantines, comme c’est souvent le cas dans l’animation. Les jeunes comédiens ont participé à plusieurs sessions d’auditions et de répétitions en groupe afin de trouver la meilleure alchimie entre eux. Une fois le court métrage terminé, Beurk ! a connu un fort succès public et critique à sa diffusion, remportant un César et une nomination aux Oscars.
Au cours de cette rencontre, Juliette Marquet a souligné le travail considérable que représentait un film d’animation, comparé à un film en prises de vues réelles : chaque seconde d’animation demande en moyenne une journée de travail à une personne. Elle a rappelé que la France était l’un des pays où rayonnait le cinéma d’animation, avec les Etats-Unis et le Japon. Il y a de nombreuses opportunités si l’on s’intéresse à ce secteur, et les professionnels et techniciens viennent avec des parcours et des formations très différentes, certains plus artistiques, d’autres plus techniques.
Pour clore cette rencontre, les élèves ont pu tenir dans leurs mains le César de Juliette avec beaucoup d’enthousiasme. Certains d’entre eux en ont profité pour poser les dernières questions, nous témoignant de leurs envies de poursuivre une carrière artistique, soulignant leur chance d’avoir assister à cette rencontre.