Flore Benguigui_© Maud Plassat
Flore Benguigui
Autrice, compositrice, interprète
Lycée Frédéric Mistral, Avignon (84)
19 déc. 2023
« Toutes les carrières sont différentes et il n’y a pas forcément un seul schéma à suivre. Il y a tellement de façons différentes de faire de la musique, tellement de métiers dans ce secteur ! »

110 élèves accompagnés par 6 professeurs

L’autrice, compositrice et interprète Flore Benguigui avait particulièrement hâte de revenir dans son ancien lycée, le lycée Frédéric Mistral d’Avignon, pour y échanger avec les élèves de Terminale, précisant qu’elle aurait elle-même aimé pouvoir profiter de ce genre de rencontre, à l’adolescence.

En effet pour cette artiste « rayonnante et bienveillante », comme l’ont qualifiée des élèves à la sortie de la rencontre, une carrière musicale n’a pas été une évidence. Commençant néanmoins la pratique d’un instrument jeune, s’initiant au violoncelle qu’elle a joué de 6 à 16 ans, elle a souligné se trouver très mauvaise. Elle a ensuite tenté le piano, sans plus de réussite. « Certains professionnels de la musique, internationalement connus ne savent pas lire le solfège ou jouer d’un instrument », a-t-elle d’ailleurs précisé.

C’est au lycée qu’elle a découvert sa pratique de prédilection: le chant, sans pour autant penser qu’elle pourrait un jour en faire son métier. Flore Benguigui, se destinait alors plutôt au cinéma, suivant l’option cinéma au lycée, Première S puis Terminale L, l’artiste évoquant le fait que dès ses années lycée il ne faut pas hésiter à se réorienter et écouter ses instincts et ses envies. Elle a ensuite suivi une prépa littéraire option cinéma, puis une licence de cinéma, avant d’entamer un master pro de cinéma, qu’elle ne finira jamais, s’inscrivant en parallèle au conservatoire de jazz…dont elle ne sera pas non plus diplômée. C’est cependant là-bas qu’elle a découvert son désir de persévérer plutôt dans la musique que dans le cinéma.

Après le repas, l’occasion de retrouvailles joyeuses avec d’anciennes professeures de ses années prépa, Flore Benguigui est également intervenue auprès des élèves de prépa, pendant près d’une heure, pour échanger avec eux sur son parcours et ses expériences ; beaucoup des sujets abordés le matin avec les élèves de Terminale ont été évoqués avec des élèves tout aussi admiratifs.

Élèves comme professeur.es avaient beaucoup de mal à laisser partir Flore Benguigui, qui paraissait d’ailleurs avoir tout autant envie de rester dans ces murs où elle a passé 5 ans de sa vie, qui semblent avoir laissé des souvenirs intacts et joyeux. Une rencontre qui aura eu le bénéfice de rassurer et motiver les élèves, qui en parlaient encore dans les couloirs après le départ de l’artiste.

Flore Benguigui a évoqué le milieu de la musique, nocturne, très masculin, où l’alcool est présent ; un combo peu rassurant et peu sécurisant pour les jeunes femmes. Elle a invité les jeunes à s’abreuver de tout type de culture : lire, aller au théâtre, au cinéma, à des concerts, précisant l’importance de cette ouverture pour pouvoir ensuite créer, se forger une identité mais aussi pour faire des rencontres. Preuve en est, c’est à un concert, il y a environ 8 ans, que Flore Benguigui a rencontré le leader du groupe L’Impératrice, groupe alors 100% instrumental sur le point de sortir un nouvel EP, qui lui a ensuite proposé de venir écrire, composer et chanter avec eux.

De nombreux autres sujets ont été abordés par les jeunes, curieux et attentifs, des questions plus « pratiques » comme celle sur le régime de l’intermittence, la rémunération, les plateformes de streaming, et d’autres plus artistiques portant sur ses inspirations, ses doutes, ses motivations et son engagement féministe. Cherchez la femme, le podcast qu’elle a créé suite au confinement a également alimenté la discussion et le débat. L’artiste en a d’ailleurs profité pour interpeller les élèves sur le nombre de femmes dans la musique – hors chanteuses – dont ils pouvaient citer le nom. Elle les a aussi invités à s’éveiller en cherchant consciemment à consommer du contenu créé par des femmes, dans tous les domaines, pour contrer ce réflexe inconscient que nous sommes beaucoup à avoir – elle la première, avant, admet-elle – de nous tourner vers des œuvres créées par des hommes, car elles sont plus inscrites dans notre imaginaire collectif, dans notre culture, dans notre société.

Les élèves ont été conquis par le naturel et la simplicité de Flore Benguigui, manifestant une réelle curiosité envers son parcours. Une discussion s’est également nouée autour de la nécessité de vivre à Paris pour mener une carrière artistique, beaucoup étant réticents à l’idée de s’installer dans la capitale. L’artiste a pris sur elle de les rassurer, à moitié, ayant à cœur de rester honnête avec ces jeunes afin de leur donner un maximum de clés quant à leur orientation et leurs envies. 

Concernant la musique, le milieu est encore très centralisé à son sens, et beaucoup de choses se passent à Paris. En revanche, quand elle y est « montée » après sa prépa, elle ne connaissait personne et s’est forgé son réseau seule, au fil des rencontres, ajoutant que cela n’a pas toujours été simple, d’autant plus dans le milieu du jazz, où cela passe par des « jams sessions » où des artistes viennent chanter ensemble.

Presse

France Bleu Vaucluse – 19 décembre 2023

Le Dauphiné Libéré – 19 décembre 2023

Le Dauphiné libéré – 24 décembre 2023

La Provence – 20 décembre 2023