Émilie Pigeard_© Caroline Sénécal, Charlotte Heulland, Natsumi Grandpierre, Elie Koaho ENS Louis Lumière pour l'Académie des César 2023
Émilie Pigeard
Réalisatrice
Lycée Jacques Prévert, Longjumeau (91)
20 nov. 2023
« Il ne faut pas penser au succès du film, l’important c’est de faire ton film et faire comme tu l’as dans la tête. »

135 élèves accompagnés par 4 professeurs

Émilie Pigeard a fait un retour remarqué dans son ancien lycée de Longjumeau, le lycée Jacques Prévert. Dès son arrivée, la réalisatrice a été reconnue par une ancienne professeure d’anglais, ravie du parcours de son élève depuis sa Terminale au sein de l’établissement. Le pas de la porte passé, les souvenirs d’Émilie Pigeard sont revenus en nombre, et la réalisatrice les a partagés avec joie et nostalgie. Des déguisements de Mardi-Gras dans le hall d’entrée aux trajets en scooter pour rejoindre le cours de sport – non loin de là – tout a semblé revenir rapidement et précisément à la mémoire de la réalisatrice.

Émilie Pigeard, à l’aise et accessible, a lancé la rencontre en précisant l’importance que le lycée avait eu dans son parcours. En effet après le collège la réalisatrice, plutôt bonne élève, est envoyée dans un établissement privé, pour « garder son niveau ». L’environnement ne lui correspondant absolument pas, elle a alors développé une phobie scolaire qui poussera sa mère à l’inscrire au lycée Jacques Prévert, sur les conseils d’un ami de la famille qui y est professeur et dont l’évocation du nom semble faire son effet auprès des jeunes : il est toujours présent dans l’établissement, et particulièrement apprécié. Elle a ensuite évoqué son parcours depuis le lycée : la fac d’art plastique – qu’elle n’a pas vraiment aimée, la classe prépa en arts – qu’elle a  vivement conseillée aux élèves, puis son entrée à l’école des Arts Décoratifs.

À l’origine désireuse d’être illustratrice, c’est là-bas, a-t-elle expliqué, qu’elle a découvert l’animation, au moment de se spécialiser en 2ème année. « Les gens qui voulaient faire de l’animation avaient l’air plus sympas, il y avait l’air d’y avoir une meilleure ambiance » donnera-t-elle comme justification à son choix de brusquement changer de voie. Elle a d’ailleurs tenu à préciser l’importance, à son sens, de s’écouter, de suivre ses instincts. Elle n’a, par exemple, appris à dessiner qu’à 16 ans, grâce à une rencontre avec un artiste syrien local, dont le travail l’a particulièrement touchée. Elle lui avait proposé à l’époque de lui apprendre à parler français s’il lui apprenait à dessiner. Émue, elle a expliqué que ce dernier est un peu devenu son « papa de création » : il a toujours cru en elle, lui assurait que c’était une artiste et n’a cessé de la soutenir dans ses envies artistiques. Finalement, la clé pour elle est là : il faut absolument croire en soi.

Timides, les élèves ont tout de même posé de nombreuses questions, sur le parcours d’Emilie – quel a été son premier court-métrage « professionnel », quelle est son œuvre préférée, arrive-t-elle à vivre de ses films, quels sont ses projets à venir, etc. Sincère, la réalisatrice a évoqué avec eux son parcours, de son premier court-métrage de fin d’études repéré par un producteur présent dans le jury, à ses périodes de « galère » et de doute, sur lequel elle a jeté un regard plein d’affection.

Elle n’a pas non plus hésité à « tester » auprès des jeunes le prochain concept de court-métrage sur lequel elle travaille (et cela a semblé convaincre les jeunes !). Rapidement la conversation a évolué pour discuter du court-métrage pour lequel Emilie Pigeard a été récompensée, et que les élèves avaient pu découvrir en classe avant sa venue ; La vie sexuelle de Mamie. Toujours aussi honnête, l’animatrice a tout partagé avec les jeunes : la genèse du projet, né d’une rencontre en festival, les débuts en résidence, la création en temps de confinement, qui a permis au projet d’évoluer et de prendre la forme qu’on lui connaît, les nombreuses heures, semaines, mois, de travail, les techniques employées, le financement. Les élèves n’ont pas non plus hésité à questionner l’intervenante sur ses ressentis, et l’impact du succès de son court-métrage sur sa carrière et ses projets futurs. 

Si Emilie Pigeard révèle avoir été touchée de la reconnaissance de son travail de ce que cela a pu lui apporter, elle a tout de même précisé aux élèves ne jamais se lancer dans un projet avec en tête le succès potentiel que celui-ci pourrait avoir : « l’important c’est de faire ton film et de le faire comme tu l’as dans la tête. »

Le naturel et l’humour d’Émilie ont conquis les élèves et certains n’ont pas hésité à s’attarder en fin de rencontre pour glaner quelques conseils auprès de l’ancienne élève devenue désormais ce qu’elle a toujours voulu être, et plus : illustratrice, animatrice et réalisatrice…Césarisée, qui plus est !

Presse

ActuEssone – 22 Novembre 2023

Le Parisien – 22 Novembre 2023