Christophe La Pinta
Compositeur
Lycée Dumont d'Urville, Toulon (83)
28 avril

42 élèves : 1 classe de première et 1 classe de terminale accompagnées par leurs professeures de musique et de philosophie.

Le retour de Christophe La Pinta au Lycée Dumont d’Urville s’est fait sur le ton de la nostalgie. Le compositeur, qui se considère comme « jamais loin de Toulon », a redécouvert son ancien établissement et a été marqué par les nombreux changements. Si le lycée reste l’un des plus grands de France accueillant près de 2400 élèves sur 7 hectares, de nombreux bâtiments se sont ajoutés, en plus des barrières qui n’existaient pas à l’époque. Il est accueilli chaleureusement par la professeure de musique, qui a elle-même été élève dans ce lycée. Il a pu découvrir la nouvelle salle de musique avec tout le matériel à disposition des élèves et les nouvelles filières musicales dispensées au lycée. Les deux anciens élèves ont évoqué l’impact positif de leur professeure de musique d’alors, Monique Dautemer, qui est également revenue sur place pour l’occasion.

La rencontre avec les élèves a été modérée par la professeure de musique qui a invité Christophe La Pinta à retracer son parcours scolaire puis professionnel.

Le compositeur a expliqué aux élèves être arrivé au lycée Dumont d’Urville en section musique le confrontant à une culture musicale différente de ce qu’il connaissait au conservatoire où il suivait une formation de percussionniste. Après le bac qu’il a obtenu en 1987, il part à la faculté de musicologie à Nice. C’est là-bas, en fréquentant la section théâtre, qu’il a commencé à composer des musiques pour la scène.

« Quand j’étais ici, je pensais faire une carrière de batteur et c’est vraiment à la fac que j’ai voulu composer. Je savais que je voulais être compositeur et j’adorais le cinéma donc ma décision a été prise. »

Il continue ensuite sa formation à Paris où il compose une œuvre opératique pour une pièce de théâtre qu’il décide d’envoyer pour un concours proposant d’apprendre à composer à Los Angeles avec Mike Post. Il gagne le concours et reste 6 mois aux États-Unis pour se former à la composition de musiques de séries américaines. Christophe La Pinta a alors expliqué aux lycéens que cela lui a appris une méthode de travail globale qu’il utilise encore aujourd’hui pour travailler à l’image. Par la suite il est rentré en France fort de son expérience américaine mais peu de monde connaissait Mike Post et c’est grâce aux rencontres qu’il s’est forgé sa place dans le monde audiovisuel français, notamment un collègue ingénieur du son qui l’a présenté au réalisateur de la série télévisée Boulevard du Palais pour laquelle il a commencé à composer à l’écran.

Abordant ses inspirations, la médiatrice lui a ensuite demandé s’il existe un « style La Pinta ». Il a affirmé que dans son milieu, être percussionniste de formation est un plus :

« Quand je vois une séquence je pense d’abord au tempo, à la mesure et la mélodie arrive après. »

On retrouve souvent dans ses compositions des sons aigus et cristallins, mais, affirme-t-il, dans ce milieu il faut être tel un caméléon malgré les « tics » musicaux récurrents.

Cette question en a appelé une autre autour de sa méthode de travail avec les réalisateurs, notamment sur l’existence éventuelle d’un « cahier des charges ». Effectivement, a-t-il expliqué, le réalisateur vient avec des idées en tête mais la difficulté est qu’ils ne connaissent souvent pas les termes techniques et il est parfois compliqué de comprendre les attentes des réalisateurs du point de vue musical. Il a également expliqué qu’il ne produit pas la musique dans son entièreté seul, il travaille avec des co-compositeurs, des arrangeurs, des orchestrateurs et avec le support de templates. Il a ainsi résumé sa méthode de travail :

« Quand je regarde le film, j’arrive à avoir une vision de la musique. Il me faut l’image, qu’il y ait du mouvement pour que j’ai l’impulsion. »

Les élèves l’ont ensuite questionné sur ses différents projets et sur les aspects techniques inhérents au fait de vivre de son art. Christophe La Pinta leur a expliqué son orientation récente vers les productions d’animation internationale, prenant pour exemple son travail sur une série animée indienne autour de l’histoire du Livre de la jungle. Interrogé sur l’aspect financier, il a expliqué aux élèves qu’il a eu la chance d’avoir le soutien de ses parents pour se lancer mais qu’il a très rapidement commencé à vivre de son art grâce au statut d’intermittent et aux droits d’auteurs. Aujourd’hui il a un statut d’indépendant. Puis les élèves l’ont interrogé sur les œuvres qu’ils avaient visionnées notamment Sauver ou Périr. La question du rapport à l’émotion est beaucoup revenue et pour lui, si elle est importante dans le processus de création, il faut savoir rester technique. 

Toutes ses questions ont finalement poussé Christophe La Pinta à encourager les lycéens à se faire confiance dans leur expression artistique.

« Il ne faut surtout pas faire attention aux premières remarques négatives que vous aurez sur votre musique sinon vous arrêterez tout de suite. ».

La rencontre s’est terminée sur une note enthousiasmante et encourageante pour les élèves, conquis par la spontanéité et la générosité de l’ancien élève devenu artiste reconnu, une sorte de modèle.

PRESSE : 

Ici Var – 28 avril 2026

Var Matin – 28 avril 2026

BFM Toulon Var – 29 avril 2026