100 élèves : 2 classes de seconde option cinéma et 1 classe de première accompagnées par deux professeurs de cinéma et audiovisuel
Dans le cadre du partenariat entre l’Académie des César et le dispositif Un artiste à l’école, le superviseur VFX Cédric Fayolle est revenu dans son ancien lycée, le lycée Cézanne à Aix-en-Provence, afin de rencontrer les élèves et de partager son parcours ainsi que son métier.
Pour ouvrir l’échange, Cédric Fayolle a expliqué ce qui l’a conduit à travailler dans les effets spéciaux. Le cinéma a toujours été sa passion. Adolescent, il se voyait devenir réalisateur, principalement car il n’avait pas connaissance de la diversité des métiers de ce secteur. Au lycée, il suivait l’option cinéma avec un groupe d’amis très soudé, au sein duquel l’entraide a été essentielle. Il en a gardé d’excellents souvenirs et est, encore aujourd’hui, en contact avec ses anciens camarades.
Très heureux de revenir dans cet établissement, il s’est remémoré les professeurs marquants dans son parcours, qui lui ont transmis leur intérêt pour le cinéma. Après le lycée, il a poursuivi des études universitaires mais les cours, trop théoriques à son goût, ne lui correspondaient pas. Désireux de se confronter au « concret », il est alors monté à Paris où il a été embauché dans une société de post-production comme petite main. Il a alors profité d’avoir accès à différents logiciels pour s’exercer par lui-même durant cette période, charnière pour l’entreprise, marquée par l’essor des effets spéciaux.
D’abord graphiste, Cédric Fayolle s’est progressivement mis à réaliser des effets visuels. Grâce à sa culture cinématographique, on lui a confié peu à peu des projets de films d’auteur. Il avait la capacité de comprendre le processus de travail des réalisateurs et d’anticiper leurs besoins, connaissant par cœur la filmographie de certains. Il a passé 25 ans dans cette société avant de créer sa propre entreprise il y a quatre ans. Deux réalisateurs ont été fondateurs pour lui, Dupontel et Audiard, avec qui il collabore désormais régulièrement.
« Quand je travaille avec un réalisateur pour la première fois, je regarde toute sa filmographie pour comprendre comment il travaille. Chaque nouveau projet, on repart avec une nouvelle énergie. »
Devant une assemblée attentive, le superviseur VFX a ensuite expliqué son métier. Il existe deux manières d’aborder le travail des VFX : une approche très technique, qui peut parfois déposséder le réalisateur de sa mise en scène, ou une approche plus artistique, fondée sur la compréhension du scénario et du travail du réalisateur. Pour Cédric Fayolle, l’objectif est de privilégier la liberté du réalisateur.
En amont, cela implique un important travail de préparation et d’anticipation technique. Sur le tournage, son rôle est alors de s’assurer de récolter tous les éléments nécessaires (plans, angles de vue, photos) pour la création des effets. Il est le seul à pouvoir visualiser le rendu final, expliquer ses besoins à l’équipe – sans pouvoir pour autant garantir le résultat. « Je suis un vendeur de promesses », a-t-il plaisanté, « Mon métier, c’est beaucoup de prises de risque : il y a plein d’éléments qui font qu’un effet peut marcher ou non. »
Devant une assemblée attentive, le superviseur VFX a ensuite expliqué son métier. Il existe deux manières d’aborder le travail des VFX : une approche très technique, qui peut parfois déposséder le réalisateur de sa mise en scène, ou une approche plus artistique, fondée sur la compréhension du scénario et du travail du réalisateur. Pour Cédric Fayolle, l’objectif est de privilégier la liberté du réalisateur.
En amont, cela implique un important travail de préparation et d’anticipation technique. Sur le tournage, son rôle est alors de s’assurer de récolter tous les éléments nécessaires (plans, angles de vue, photos) pour la création des effets. Il est le seul à pouvoir visualiser le rendu final, expliquer ses besoins à l’équipe – sans pouvoir pour autant garantir le résultat. « Je suis un vendeur de promesses », a-t-il plaisanté, « Mon métier, c’est beaucoup de prises de risque : il y a plein d’éléments qui font qu’un effet peut marcher ou non. »
Cédric Fayolle a précisé qu’il pouvait se plonger avec plaisir dans de nouveaux défis, mais ce qui comptait avant tout pour lui, c’était de servir l’intérêt du film. A chaque projet, il commence par demander pourquoi utiliser des VFX plutôt que la prise de vue réelle. Pour lui, il faut que l’utilisation des effets soit justifiée. Il a pris en exemple le plan-séquence en ouverture de La Soif du mal d’Orson Welles : le réaliser sans trucage participe à la beauté et à l’ingéniosité du cinéma. Il a également souligné son attachement aux « effets invisibles », qui tendent à récréer le réel.
« J’ai eu de la chance de faire des films magnifiques, qui sont des références pour des aventures humaines. Aujourd’hui, chaque fois que je travaille, j’ai encore l’impression d’être en masterclass avec les réalisateurs, d’avoir le privilège de les voir travailler sur le plateau ».
Un élève l’a interrogé sur ses inspirations. Cédric Fayolle s’est remémoré qu’au lycée, il avait eu la chance d’aller au Festival de Cannes (une information qui a fait réagir les élèves, très envieux de cette expérience). Il y a vu Sailor et Lula de David Lynch, qui l’a profondément marqué, sans pouvoir en expliquer les raisons. Pour lui, c’est l’exemple parfait de l’alliance entre divertissement et exigence, tout en étant touchant. Il a également mentionné Les enfants du paradis de Marcel Carné, qu’il peut regarder en boucle.
La question de l’IA est arrivée dans la discussion. Le superviseur VFX a exprimé son point de vue, plutôt rassurant : « Les sociétés qui n’ont jamais fait d’image et se lancent directement dans l’IA, ça se voit. Il faut faire de l’image avant. Mais c’est un outil et il faut savoir l’utiliser aujourd’hui, cela nous permet de faire des effets qu’on ne pouvait pas faire avant. Ce sont des nouveaux métiers, il ne faut pas avoir peur. »
Pour clore la rencontre, Cédric Fayolle avait apporté son César, que les élèves ont pu tenir dans leurs mains avec enthousiasme, prolongeant ainsi l’émotion de cet échange.
PRESSE :
La Provence – 27 novembre 2025