95 élèves de 2nde encadrés par 1 professeure documentaliste et 2 professeurs de français
Accueillie chaleureusement par l’équipe pédagogique du collège et lycée Sainte Jeanne-Élisabeth, Barbara Schulz a retrouvé dès son arrivée la professeure documentaliste de l’établissement ainsi que son ancien professeur d’éducation sportive (enseignant toujours sur place!), avant de rejoindre les élèves réunis dans l’amphithéâtre. L’échange a débuté par une introduction de Pascal Rogard, président d’Un Artiste à l’École, directeur général de la SACD et ancien élève de l’établissement, qui a présenté le dispositif ainsi que la réalisatrice et comédienne.
Barbara Schulz a ensuite partagé ses souvenirs liés à l’établissement, son parcours et les débuts de sa carrière. Élève à Sainte Jeanne-Élisabeth de la 5e jusqu’au baccalauréat, elle a confié un parcours scolaire “pas toujours facile”, faisant beaucoup plus jeune que son âge, ce qui à ce moment là n’est pas toujours une qualité. Elle a également évoqué son 1er souvenir sur scène, car c’est à Sainte Jeanne-Elisabeth qu’elle est montée sur scène pour la première fois, en interprétant avec des amis une pièce « peu politiquement correcte », a-t-elle plaisanté. Elle a révélé “avoir toujours voulu faire ça”. Mais les carrières artistiques, le métier de comédienne, semblaient bien loin et Barbara Schulz n’envisageait pas de ne pas trouver de “vrai métier”.
« Je voulais déjà faire ce métier, mais personne dans ma famille ne venait d’un milieu artistique. Et puis ce n’était pas encore l’époque d’Internet, tout cela semblait inaccessible, comme relevant d’un coup de chance. Ça me paraissait impossible »
C’est finalement grâce à son premier amour de lycée qu’elle a rencontré quelqu’un travaillant dans la publicité, qui lui a proposé de passer un premier casting, pour lequel elle a ensuite été choisie. Elle a ainsi commencé à seize ans dans des publicités, puis très vite à avoir un agent (une grande chance a t’elle évoqué car c’est une étape parfois difficile à franchir). La jeune comédienne a ainsi pu s’émanciper et se payer son studio grâce aux cachets réguliers. Toutefois, Barbara Schulz a précisé, qu’à l’époque, elle n’imaginait pas abandonner les études :
« Je ne me voyais pas dire que je voulais être actrice alors que je n’avais encore rien fait de sérieux. J’ai donc choisi de poursuivre des études d’économie. »
En parallèle, elle a suivi des cours de théâtre, a beaucoup lu et a décroché ses premiers rôles de figuration, jusqu’à obtenir ses premiers textes. La comédienne a souligné auprès des élèves l’importance de s’écouter et de s’engager dans une voie qui les anime réellement.
Interrogée sur le nombre de films auxquels elle a participé, Barbara Schulz a indiqué avoir joué dans une cinquantaine de projets, mais n’avoir réalisé qu’un seul film. Pourquoi seulement maintenant ? Parce qu’elle n’osait pas imaginer la réalisation comme une voie possible, notamment en tant que femme. La réalisatrice a notamment cité le documentaire Sois belle et tais-toi de Delphine Seyrig pour illustrer les attentes genrées dans le milieu du cinéma.
Elle a détaillé ensuite son expérience de réalisatrice et le quotidien du métier : commencer seule, puis petit à petit choisir son équipe et répondre sans cesse à une multitude de questions.
« Il faut réaliser que tout ce que vous voyez à l’écran est le résultat d’un choix, d’un arbitrage : il existe mille façons de raconter une histoire. »
Pour illustrer ces choix, Barbara Schulz a montré l’importance du placement des caméras et des angles dans la narration d’une histoire, en prenant pour exemple l’amphithéâtre où ils se trouvaient. Elle a également détaillé le travail sur le scénario, les spécificités de ce type d’écriture (le scénario de son film avait été transmis aux élèves), ainsi que le travail de préparation grâce notamment au storyboard. Elle a aussi mentionné les compromis nécessaires : pour Le Secret de Khéops, elle tenait à tourner place de la Concorde, mais les Jeux Olympiques rendant cela impossible, elle a finalement réussi à filmer l’obélisque depuis la Madeleine.
Elle a partagé également quelques moments de magie de son métier, comme une scène tournée place de la Bastille complètement vide un matin, ou encore sur le site des pyramides de Khéops.
« Tout est possible : les artistes que vous admirez ont tous commencé à votre âge, avec un rêve en tête. »
Interrogée sur sa préférence entre le théâtre et le cinéma, elle a expliqué que le théâtre, sans interruption, offre une immersion totale dans le texte. Mais c’est aussi un art exigeant, physiquement comme émotionnellement : il faut apprendre à projeter sa voix, à articuler — ce qu’elle a illustré avec une réplique de Shakespeare —, et accepter un rythme intense, le travail en amont puis les représentations le soir et le week-end. Elle a reconnu adorer le théâtre, tout en précisant que le cinéma permet de voyager, offre une plus grande liberté grâce à la caméra et, il faut bien le dire, est bien mieux rémunéré.
Elle a aussi évoqué ses rôles préférés :
« Les grands personnages sont plus simples pour moi, car on a l’impression de faire quelque chose d’important. Quand je jouais Antigone, les mots d’Anouilh résonnaient ; j’avais l’impression d’être la voix vivante de nombreuses personnes disparues. »
À la question d’un élève sur une éventuelle critique du cinéma français, elle a souligné la richesse et la diversité de la production nationale, rappelant qu’environ 300 films sortent chaque année, et l’importance du CNC, qui permet au cinéma de rester accessible et vivant. Elle a ensuite sondé les élèves sur leur rapport au cinéma, partageant à leur demande la liste de ses réalisateurs fétiches, leur demandant leurs films récents préférés, allant jusqu’à tester un titre pour son prochain film auprès d’eux.
Pour conclure, Barbara Schulz a réaffirmé son message aux élèves :
« Rien n’est impossible. J’ai été à votre place, et je crois en vous. Je vous souhaite le meilleur. »
La pétillante comédienne et autrice a ainsi partagé durant 2 heures sa passion pour son (ses) métiers, et grâce à son optimisme a très certainement semé des graines fertiles dans l’esprit des jeunes pour alimenter leur réflexion personnelle et stimuler leur curiosité.