Anne Charrier
Comédienne
Collège Alfred Renoleau, Mansle (16)
16 déc.

Trois classes de Troisième, soit 75 élèves encadrés par 1 professeure documentaliste et 2 professeurs de français

À une demi-heure d’Angoulême, Anne Charrier est retournée dans son ancien établissement scolaire, le collège Alfred Renoleau à Mansle, une ville restée chère à la comédienne, qu’elle continue de fréquenter pour rendre visite à sa famille. Elle a été accueillie très chaleureusement par le proviseur et la professeure documentaliste, avant de redécouvrir le collège avec émotion et de constater les travaux de modernisation réalisés depuis son départ.

À son arrivée devant la salle où se déroulait la rencontre avec les élèves, Anne Charrier a eu la surprise de retrouver deux de ses anciens professeurs, dont son professeur de français, Monsieur Dousset, qui l’avait encouragée à poursuivre ses envies.

Installée face aux collégiens, elle a commencé par évoquer ses propres années passées dans l’établissement.

 « Je suis très heureuse de venir vous parler de mon parcours et de mon métier. Le souvenir de mes années ici est un souvenir de grande confusion : je ne savais pas comment aller vers mon désir. Quand on a grandi à Mansle, c’était difficile d’énoncer l’envie de devenir comédienne, mais c’est possible. »

Elle est ensuite revenue sur son parcours. L’artiste a raconté qu’elle avait voulu devenir comédienne depuis sa découverte de Romy Schneider à la télévision familiale. Au collège, elle se sentait mal dans sa peau et n’était pas vraiment à sa place. Au lycée, les choses se clarifièrent un peu, mais elle n’a pas osé rejoindre la troupe de théâtre : « J’étais incapable de prendre la parole en public, j’étais mortifiée. »

Après le lycée, elle partit deux ans en Irlande pour apprendre l’anglais, une expérience qu’elle a présentée comme une véritable révélation : « Je me suis rendue compte que j’étais la seule garante de mon rêve, qu’il fallait que j’enfonce des portes pour que cela se réalise. » À son retour, elle décida de s’installer à Paris et d’y suivre des cours de théâtre, un choix qui inquiéta sa famille : « C’était un métier très éloigné des leurs, qui ne rentrait pas dans les cases de ce qu’ils attendaient pour moi. » Voyant son investissement et sa passion, ses proches finirent par se rassurer.

Sa carrière débuta à 25 ans avec une publicité pour de la nourriture pour bébé. Elle enchaîna ensuite les petits rôles comme dans la série H, et continua les auditions pour la scène comme pour l’image jusqu’à se faire reconnaître.

Les élèves ont alors posé leurs premières questions. L’un d’eux s’est interrogé sur les changements du collège. Anne Charrier a répondu avec humour, rappelant qu’il y avait autrefois moins de grillages et que les élèves pouvaient même aller tremper les pieds dans le ruisseau voisin.

Un autre élève s’est intéressé à son tournage préféré. La comédienne a expliqué que chaque projet était très différent. Elle a notamment évoqué la série Maison Close (Canal+), tourné au Portugal, qu’elle avait particulièrement apprécié pour son récit centré sur des femmes fortes et pour les nombreuses opportunités qu’elle lui avait offertes. Elle s’est également souvenue de Prêtes à tout, un téléfilm très intense racontant l’histoire d’une mère tentant de sauver son fils de la drogue. Enfin, elle a confié avoir été impressionnée par le tournage de la série américaine The Walking Dead : Daryl Dixon, découvrant des plateaux réunissant plus de 800 personnes et ayant la chance de tourner dans des lieux exceptionnels, comme le Louvre, où elle avait pu admirer la Joconde en tête-à-tête.

Au fil des échanges, Anne Charrier a également évoqué les nombreuses compétences qu’elle a apprises pour ses rôles – équitation, tricot, escalade, langues étrangères – ainsi que sa méthode de travail, les aspects positifs et les difficultés du métier, ses relations avec les équipes de tournage et ses voyages. Elle a notamment présenté Rose Royal, un seul-en-scène qu’elle a elle-même adapté d’une nouvelle de Nicolas Mathieu, qu’elle joue actuellement au Studio des Champs-Élysées.

L’évocation de ses projets a conduit à une question sur le salaire. La comédienne a tenu à rappeler la réalité du métier, insistant sur le fait qu’il ne fallait pas choisir cette carrière pour l’argent. Elle a expliqué que certaines années pouvaient être très confortables, tandis que d’autres l’étaient beaucoup moins, et qu’un équilibre devait être trouvé. Elle s’est également souvenue avoir exercé, jusqu’à l’âge de 28 ans, de nombreux métiers en parallèle – serveuse, agente d’entretien, carreleuse – afin de pouvoir poursuivre sa carrière artistique.

Elle a alors tenu à rassurer et encourager les élèves :


« Les résultats scolaires ne vous définissent pas. Je n’étais pas très scolaire, et on a souvent l’impression que notre univers se limite au collège, alors que tout est possible en dehors. Si vous êtes passionné·e par quelque chose, vous trouverez toujours un moyen d’être reconnu.e dans ce domaine. »

De plus, l’artiste a rappelé la diversité des formations artistiques accessibles dans la région, notamment à Angoulême et à Poitiers, invitant les élèves à explorer ces opportunités.

À l’issue de la rencontre, Anne Charrier a pris le temps d’échanger individuellement avec les collégiens, dont certains étaient voisins de ses parents. Elle s’est également prêtée aux nombreuses demandes de photos et de dédicaces et a rappelé aux élèves que tout leur était possible.

Presse

La Charente Libre – 16 décembre 2025

Ouest France – 19 décembre 2025