Marion Montaigne
Illustratrice et scénariste de bande dessinée
Ecole des Cloteaux, Rennes (35)
13 mai

50 élèves : une classe de CM1/CM2 et une classe de CM2 accompagnées par le directeur et 2 professeures

Une double fracture à la cheville n’a pas empêché l’autrice de BD Marion Montaigne de revenir sur les pas de son enfance à l’école des Clôteaux de Rennes où elle a été scolarisée à la fin des années 90. L’artiste, qui a beaucoup déménagé au gré des mutations de son père, n’était jamais revenue dans cet établissement dont elle garde de très bons souvenirs. Accueillie par le directeur et enseignant de l’une des classes mobilisées, elle a redécouvert le bâtiment, modernisé mais reconnaissable, bien qu’il semblait plus petit qu’à l’époque. 

Marion Montaigne a rencontré deux classes sur deux temps d’échanges distincts pour leur parler de son métier et répondre à leurs questions. Intrigués, les écoliers l’ont d’abord questionnée sur ses souvenirs de l’école. Elle s’est rappelée de la cour d’école et des concours de dessins de chevaux avec ses copines. D’autres lui ont demandé quelle était sa matière préférée à l’époque. Sans souvenirs précis à ce sujet, elle a tout de même avoué aux élèves qu’elle n’aimait pas lire en primaire.

« Quand j’étais petite, je n’avais pas compris que je pouvais lire pour mon plaisir. Mes parents m’obligeaient à lire. C’est plus tard que je me suis rendu compte que je pouvais lire pour moi. »

C’est au collège qu’elle a développé un attrait pour les sciences, particulièrement la biologie, et qu’elle s’est réconciliée avec le dessin à travers les mangas avant de s’inscrire à des cours associatifs de BD en parallèle du lycée.

Après le bac, elle a décidé de suivre une formation artistique à Paris, d’abord tournée vers le dessin médical avant d’entrer aux Gobelins pour se former en animation malgré les réticences de ses parents.

« C’était difficile car je n’ai pas d’artistes dans ma famille. Mes parents avaient un peu peur, mais s’ils ne me laissaient pas faire ça, j’allais être malheureuse. Ils m’ont fait confiance et, en retour, j’ai vraiment travaillé. Quand vous faites ce que vous aimez faire, ça paraît plus facile. »

Elle a commencé sa carrière en tant que scénariste pour des dessins animés comme Mandarine & Cow, dont elle a montré des extraits aux élèves. Préférant travailler sur papier, elle a publié sa première BD dans un magazine en 2003.

À la suite de cette rétrospective sur son parcours, un élève lui demande comment elle crée une bande dessinée. L’artiste a commencé par expliquer à la classe qu’avant de se lancer dans une œuvre, il faut un long temps de documentation puis de questionnement, notamment avec son éditeur : est-ce que cela vaut le coup ? Est-ce intéressant ? Est-ce que cela n’a pas déjà été fait ?

Marion Montaigne s’est spécialisée dans la vulgarisation scientifique humoristique, ses recherches doivent donc être précises et vérifiées.

« J’ai eu la chance de rencontrer des chercheurs qui donnent envie de partager aux autres des choses même très techniques. Et c’est ce que j’aime faire dans mes livres. »

Elle a donné l’exemple de sa BD notoire Dans la combi de Thomas Pesquet. En 2015, elle a souhaité écrire une histoire sur l’espace et comment aller sur Mars. Elle a commencé à se renseigner et à rencontrer des professionnels qui l’ont redirigée vers un jeune astronaute français en entraînement, Thomas Pesquet. Elle a décidé de le suivre pendant plusieurs mois afin de raconter ce « métier fou ». 

Cette BD a été un succès, ce qui lui a permis de gagner en notoriété et de bien gagner sa vie, ce qui n’est pas le cas de tous les projets ni de tous les auteurs.

« C’est rare qu’on fasse que de la BD. On fait des dessins qui illustrent des livres et des magazines. J’ai aussi travaillé dans le dessin animé. On est polyvalent. » 

Ainsi, Marion Montaigne a expliqué le système technique de rémunération des auteurs. Ils présentent leur projet à un éditeur qui leur donne une somme d’argent, appelée avance, afin de rémunérer leur temps de création. À la publication de l’album, une partie du prix de vente revient à l’éditeur jusqu’au remboursement de cette avance, puis à l’autrice. Sa rémunération est donc dépendante du nombre d’exemplaires vendus. 

Dans une des deux classes, l’artiste a pris le temps de montrer ses techniques de dessin aux élèves, fascinés. Elle a créé une planche de BD en direct. De nombreux écoliers, passionnés de dessin, sont venus lui présenter leurs esquisses, heureux de recevoir les compliments d’une illustratrice renommée. Les rencontres se sont terminées sur quelques conseils :

« Il faut du temps pour explorer et voir ce qui nous plaît. Au moins, faites-vous plaisir et soyez curieux. »

Marion Montaigne a également dédicacé quelques exemplaires, dont son dernier album offert à l’école en avant-première : Space Montaigne